Qu’est-ce que la science dit à propos des déjà-vu ?

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Le déjà-vu est l’impression, à la fois banale et inexplicable, que certains ont de revoir ou de revivre un événement, une scène. Près de 70 % de la population reconnaît avoir vécu ce problème. La science, quant à elle, a toujours du mal à expliquer ce phénomène. Découvrez ici les possibles explications que fournit la science sur ce phénomène.

Qu’est-ce que le déjà-vu ?

Encore appelé le déjà-vécu, il s’agit de l’impression que vous avez de revivre une scène de la vie quotidienne. Cette manifestation étrange peut toucher tout le monde et se produit souvent en période de stress ou de fatigue.

Une étude menée en Amérique et publiée en 2003 soutient que ce phénomène se produit souvent chez les personnes qui ont beaucoup voyagé. Les individus possédant un niveau socioculturel élevé sont également sujets aux scènes de déjà-vécu. La science attribue cependant quelques explications possibles au déjà-vu.

Le phénomène du court-circuit neuronal

La science soutient que la région cérébrale abritant les structures voisines du lobe temporal constitue la source du phénomène. Cette partie ciblée correspond à celle de l’hippocampe et représente l’endroit où les souvenirs sont encodés afin de les stocker dans la mémoire.

Ce sentiment de déjà-vu serait donc lié à une activité cérébrale et plus précisément au processus de mémorisation. Elle apparaît comme un courtcircuit qui libère accidentellement de souvenirs stockés dans l’hippocampe et crée le sentiment de déjà-vu.

Il convient néanmoins de noter que les observations faites par les scientifiques restent encore peu précises et ne suffisent pas à comprendre le phénomène. Une des principales difficultés repose sur la position de l’hippocampe dans le cerveau. En effet, les chercheurs ont du mal à observer exactement l’activité électrique de l’hippocampe.

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Les crises épileptiques, une cause du phénomène de déjà-vu ?

En général, chez les personnes épileptiques, le déjà-vu est un symptôme assez fréquent.

L’épilepsie est une affection neurologique qui se caractérise par des décharges brusques et excessives d’influx nerveux dans le cerveau. Pour certains malades atteints d’épilepsie, la sensation de déjà-vu est annonciatrice d’une crise. Dans ce cas, c’est la perturbation électrique qui génère le phénomène.

Des chercheurs français ont réussi à reproduire le mécanisme chez des épileptiques en stimulant le cortex rhinal qui est impliqué dans le phénomène du déjà-vu. C’est cette région qui permet de savoir que l’on a précédemment vu un visage ou une image par exemple. Chez les épileptiques, cette zone serait donc à l’origine du phénomène. Une théorie scientifique suppose donc que le déjà-vu est lié à l’épilepsie.

Le faux souvenir, une autre hypothèse scientifique.

La théorie du faux souvenir est l’explication scientifique la plus répandue. Elle suppose que cette impression de déjà-vu serait liée à un dysfonctionnement du lobe temporal. Abritant le cortex rhinal et l’hippocampe, cette région du cerveau est le carrefour d’entrée des informations sensorielles. Elle renferme les structures impliquées dans le mécanisme de mémorisation.

Ce raisonnement des scientifiques suppose donc que le déjà-vu serait un faux souvenir provoqué suite à une erreur du cerveau. Ce dernier inscrirait une perception présente directement dans la mémoire à long terme.

Le déjà-vu comme une vérification du cerveau

Des chercheurs du Royaume-Uni ont effectué des séries de tests sur des volontaires. Le test consiste à prononcer une suite de mots du champ lexical de « sommeil » aux volontaires sans pour autant prononcer le mot « sommeil ». Les chercheurs leur demandent ensuite s’ils ont entendu un mot commençant par la lettre « s ». Les volontaires ont cru entendre le mot « sommeil ».

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Les observations réalisées par IRM ont invalidé la théorie du faux souvenir. Les régions du cerveau impliquées dans la mémoire, et notamment l’hippocampe, ne sont pas intervenues lors de l’expérience. Ce sont plutôt les zones du lobe frontal (impliquées dans la prise de décision et la résolution de conflits) qui se sont mises en activité.

Ces chercheurs soutiennent que le cerveau vérifie la mémoire lorsqu’il existe un conflit entre l’événement vécu et celui que nous croyons avoir vécu. Le déjà-vu serait donc un signe de bon fonctionnement.

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